L'échange reste le vôtre

Même si la présence d’un interprète est nécessaire, la situation de communication est, et reste, la vôtre. L’interprète français-LSF n’est pas l’interprète des sourds, pas plus qu’il n’est l’interprète des entendants. Il est là pour permettre à deux communautés linguistiques différentes de pouvoir communiquer, chacune dans sa propre langue. Il n’y aura un réel échange que si les participants le souhaitent vraiment !

Premier pas vers de bons échanges : la préparation

Quelque soit le type d’intervention qui nécessite la présence d’un interprète, des éléments de contexte lui sont indispensables pour effectuer un travail de qualité. Il est important de spécifier à l’interprète :

  • le cadre de la rencontre,
  • les nom et fonction des participants, s'ils se connaissent. Une présentation des actants n’est jamais superflue,
  • les précédents éventuels (entretien, réunion, conférence, formation, information…),
  • les documents qui seront utilisés (texte, procès-verbal, diapositive, image, film…). 


Tous ces éléments sont à fournir à l’interprète le plus tôt possible, dès la réservation si cela est faisable. Plus les informations sont claires et complètes, plus l'intervention de l'interprète sera pertinente. Si cela vous est impossible, rencontrez le ou les interprètes avant le début de leur intervention. L'interprète est également à votre disposition pour répondre à toutes vos interrogations


Dans le cadre une intervention de type « conférence », la préparation en amont est indispensable. Un interprète ou un service peut annuler une prestation si des éléments de préparation n'ont pas étaient fournis, ou  insuffisamment à l’avance.

Afin de fournir le travail de qualité que l’on attend de lui, l’interprète a besoin de pauses. En effet, l’acte d’interprétation sollicite une concentration et une énergie cognitive très importante. Au vue d’études réalisées par des interprètes en langues vocales et en langues des signes, l’AFILS préconnise aux interprètes deux heures de travail effectif par demie-journée sans toutefois dépasser 55 minutes consécutives. En conséquence, en fonction du type d’intervention et de la durée de celle-ci, plusieurs interprètes seront nécessaire. Ces éléments sont à prendre en compte lors de votre réservation. Comme toujours, demandez conseil lors de votre prise de contact avec l’interprète ou le service d’interprètes.

 

Gérer l’espace physique et sonore

  • Positionner l’interprète face aux participants qui suivent les échanges à partir de la LSF. Attention, ni l’interprète ni les locuteurs de la LSF ne doivent se trouver à contre jour,
  • En fonction de l’intervention, la place de l’interprète varie :

-entretien en face à face: l’interprète se tient à côté de l'entendant, légèrement en retrait

- réunion : l’interprète se positionne à côté du modérateur de séance . Attention, celui-ci doit absolument tenir son rôle, à défaut l’interprète ne pourra tenir le sien,

- conférence : l’interprète se trouve sur l'estrade pour être bien visible. Une lumière spécifique est souvent essentielle, surtout si la salle est plongée dans le noir pour la diffusion de documents. En ce cas, l’interprète doit pouvoir visualiser les éléments diffusés, soit directement sur l’écran général ou mieux sur un retour suffisamment grand et de qualité.

  • Un retour son spécifique est indispensable à l’interprétation. Pensez aussi aux micros si les participants peuvent être amenés à s’exprimer.

 

Deux langues, deux cultures

L’interprétation, même en simultanée se fait avec un décalage de quelques secondes. N’attendez pas de réactions immédiates et ne soyez pas surpris si les personnes qui suivent votre discours grâce à l’interprétation réagissent avec « du retard ».


L’interprétation permet de faire un pont de communication entre deux langues et deux cultures. Il peut arriver que les différences culturelles rendent la traduction difficile, voir impossible, et que les réactions soient surprenantes :

  • Il est souvent impossible de traduire de l’humour, et ce quelles que soient les langues de travail. Ne soyez pas surpris si votre interlocuteur ne réagit pas comme vous l’attendez.
  • Des éléments très culturels nécessiteront de longues périphrases pour leur interprétation. Pour exemple, tous les éléments qui se rapportent à la musique ont souvent peu de résonance pour la communauté sourde et inversement, le congrès de Milan ou Saint-Jacques ne signifient rien pour les entendants.
  • Si vous utilisez des termes spécifiques, propres à votre structure, des sigles, et même si tous les participants les comprennent, l’interprète pourra vous demander de les rendre plus explicites. Il est très difficile de traduire des éléments qui n’ont pas de sens.
  • De même, les locuteurs de la LSF veilleront à expliciter les signes non standards qu'ils utiliseront. Ainsi, les noms-signes de personne ou de lieu doivent être suivis de leur épellation, si vous ne voulez pas que l’interprète traduise : « Monsieur, dont le nom-signé est « Gourmand », s’est rendu à la mer… » pour « Monsieur Dupont s’est rendu en salle Atlantique».


Il arrive fréquemment que les usagers demandent l’opinion de l’interprète sur les participants :  A-t-il une voix sympathique? , Il comprend ?, Il a l’air en colère ? L’interprète ne pourra répondre que sur des éléments factuels : Il a une voix douce (ou forte), il parle vite (ou lentement), avec un accentMonsieur semble comprendre mon interprétation (vers le français ou la LSF), il vous appartient de le vérifier


Consultez aussi :

Qu'est ce qu'un interprète?

Qu'est ce qu'un traducteur?

Le code éthique des interpètes français - LSF

Questions fréquemment posées

Infos

Même si elle reste mal connue du grand public, la langue des signes est une langue à part entière, riche de ses nuances et subtilités. Des linguistes de renom l'étudient dans le monde entier, depuis les années 1970. Chaque langue découpe le monde et la réalité à sa manière. La correspondance exacte terme à terme n’existe pas forcément entre deux langues. Cependant, le travail quotidien des interprètes français - LSF prouve que la langue des signes peut exprimer les nuances et richesses de n’importe quelle autre langue.