Plaquettes d'information de l'Afils

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Communiqué de l'AFILS après le discours de Mme Bachelot

Comme nombre d'entre vous, nous avons découvert avec surprise sur le web le discours du 1er décembre de Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale. Aux côtés de Madame la ministre se trouve Marianne Dubois, députée de la 5ème circonscription du Loiret qui fait office « d'interprète ».

Face à cela, I'AFILS voudrait, une fois encore, rappeler le principe de base qu'elle défend :

RESPECT des UNS et des AUTRES.


S'il est louable que Madame Dubois ait appris quelques signes de Langue des Signes Française, elle n'en est pas pour autant « interprète ». Une fois encore, il nous faut rappeler que communiquer, même bien, et interpréter sont deux activités très différentes. Interpréter permet de transmettre un discours d'une langue vers une autre langue, et ce, dans le respect de la parole de l'orateur et dans le respect de celui qui la reçoit.

C'est un métier exigeant et les professionnels de haut niveau qui le pratiquent ont reçu une formation de plusieurs années.

Dans la pseudo interprétation qui nous est montrée ici, le discours de l'orateur est loin d'avoir été transmis tant sur le plan des idées avancées que sur la logique ou l'argumentation du discours. Quant aux traits d'humour, dont est si friande Madame la Ministre, ils n'ont pas été interprétés du tout.

Le manque de respect ne s’arrête pas à l'orateur. Que penser du respect dû au public présent, du respect du/des Sourd(s) ayant fait le déplacement pour assister à cette allocution ?

D'une part, du fait que le discours rendu par Madame Dubois est incomplet et que les passages signés sont quasiment incompréhensibles, à l'exception de quelques moments, les sourds présents auront donc dû suppléer et faire beaucoup d'efforts pour reconstituer (peut-être) les propos de Madame la Ministre.


D'autre part, la présence d'une personne laissant croire qu'une interprétation du discours est effectuée peut nuire à l'image des sourds présents. En effet, si des échanges s'instaurent ensuite entre sourds et entendants sur ce qui aura été dit, le risque est que, faute d'avoir eu accès à l’intégralité du discours, les sourds soient perçus comme des personnes « limitées », incapables de participer pleinement aux échanges.
Pour mesdames Bachelot et Dubois, est-ce cela la vision de l’égalité entre les citoyens ?

Enfin, où est le respect des interprètes quand Madame Bachelot dit « je ne perturbe pas notre interprète » ? Elle laisse alors croire au public entendant que la personne présente à ses côtés interprète ses propos. Par cette simple phrase, c'est notre profession qui est mise à mal. En effet, de longs passages ne sont pas traduits, ceux qui le sont le sont mal, la neutralité est inexistante, bref, l'ensemble de ce qui fait notre professionnalisme est bafoué. Même si, pour Madame Bachelot, il s'agissait là d'une boutade, comment être sûr que le second degré a été perçu par le public entendant présent lors de la conférence et qu'il le sera par les internautes qui auront l'occasion de la visionner.

Notre profession est mise à mal car si le public imagine que notre travail, c'est cela, pour nous, c'est insultant.

Cette situation a été médiatisée et tout le monde peut voir le résultat d'une interprétation faitepar un non-professionnel. Malheureusement, cela se répète quotidiennement. Dans des Pôles Emploi, chez des médecins, dans des tribunaux ou dans des écoles, des personnes non-formées à l’interprétation sont envoyées « interpréter » avec des résultats similaires, ce quipeut avoir des conséquences graves.

D'aucuns avanceront que dans tous ces cas, « C'est mieux que rien ».

Nous répondons qu'au contraire, « C'est pire que rien ».


Nous avons par deux fois interpellé Madame Dubois pour lui dire que nous sommes prêts àintervenir pour expliquer notre métier dans le cadre du groupe d’étude sur la Langue des Signes Française mis en place le 28 juin 2011 à destination des députés intéressés.

Nous attendons toujours sa réponse.

Télécharger ce Communiqué AFILS du 8 décembre 2011

Communiqué AFILS

Plan gouvernemental 2010-2012 en direction des personnes sourdes ou malentendantes : L’AFILS salue les avancées annoncées par Nadine Morano et la prise en compte des spécificités du métier d’interprète Français / Langue des Signes Française. L’association restera vigilante quant à sa mise en œuvre.

Ce plan, d’une durée de trois ans sera suivi par un comité de pilotage qui se réunira régulièrement sous l’égide du secrétaire général du Comité interministériel du Handicap. Le plan dénombre aujourd’hui 280 interprètes. Le déploiement des actions prévues dans ce plan accroîtra les sollicitations vers les interprètes Fr/LSF, il prévoit notamment :

  • Le lancement d’un centre relais pilote pour les appels téléphoniques, le déploiement d’une plate-forme de services d’accessibilité professionnelle ou encore la mise en place d’un centre national de relais des appels d’urgence.
L’AFILS se réjouit du déploiement de ces dispositifs pour l’accessibilité des personnes sourdes et malentendantes dans un cadre réfléchi et mesuré. En effet, l’objectif de ces dispositifs est de mutualiser notamment les interprètes afin de répondre à un plus grand nombre de demandes. Toutefois, nous resterons vigilants afin que les recommandations pour l’exercice de ces prestations à distance soient prises en compte car pour une interprétation de qualité, certaines précautions sont à prendre. Les limites rencontrées dans le cadre de l’interprétation à distance sont humaines (concentration accrue due au son, à la qualité de l’image, la durée, l’objectif, le contexte, les enjeux, le nombre de participants, etc.) et technologiques (son et image de haute qualité, ligne fiable, équipements et organisation adéquats, etc.). Seule la présence d’interprètes diplômés, respectueux du code éthique des interprètes, sont la garantie du professionnalisme, de la compétence et du respect de la confidentialité des échanges.
  • Le lancement d’une étude pour évaluer les besoins, identifier les métiers et les formations à développer en septembre 2010 afin d’identifier les métiers et des formations à développer pour satisfaire ces besoins en compétence : ce travail pourrait déboucher sur la reconnaissance formelle de nouveaux métiers et/ou sur la rédaction de référentiels de formation des professionnels "de droit commun" aux spécificités de l'accessibilité pour les personnes sourdes. Pour les interprètes, il existe des diplômes d’université, licences ou masters d’interprétariat en LSF dont les cursus de formation sont organises dans les universités suivantes : Paris 3, Paris 8, Lille 3, Aix-en-Provence 1, Rouen, Grenoble 3, E.S.I.T Dauphine, IUP de Toulouse.
L’AFILS approuve cette initiative. En effet, à ce jour notre profession ne bénéficie pas d’une reconnaissance formelle de la part des pouvoirs publics. Nous espérons que la profession et son code éthique soient reconnus et qu’il ne puisse être fait appel qu’à des interprètes dûment formés et diplômés, ceci dans l’unique but de protéger les usagers d’interprètes, qu’ils soient sourds ou entendants. Nous espérons également que les professionnels concernés seront appelés à participer à l’étude.
L’AFILS souhaite apporter des précisions sur la formation et les diplômes. A ce jour, parmi celles énoncées dans le plan, seules les universités Paris 8, Lille 3, Rouen, E.S.I.T Dauphine et l’IUP de Toulouse délivrent un master, unique qualification accessible pour devenir désormais interprète Fr/LSF. Les universités d’Aix-en-Provence et Grenoble 3 délivrent une licence dans le cadre d’une filière d’apprentissage de la LSF. Il s’agit d’une passerelle éventuelle pour entrer ensuite en master d’interprétation. Aucune licence ne permet de se prévaloir au titre d’interprète, seuls les masters sont valables.
  • L’élaboration d’un plan d’action conjoncturelle de formation de 20 interprètes LSF par an pour les années 2010 et 2011. Ce plan mobilisera prioritairement les moyens de formation à disposition de Pôle emploi.
L’AFILS se réjouit de la prudence annoncée dans le plan gouvernemental pour le déploiement raisonnable du nombre des interprètes d’ici 2011. Une formation de qualité est l’enjeu réel. Elle ne peut se faire qu’à la condition d’y mettre le temps nécessaire. Néanmoins, nous sommes surpris du chiffre annoncé ; à savoir : 20 interprètes Fr/LSF par an. En effet, à ce jour, l’ensemble des 5 universités forment d’ores et déjà une trentaine d’interprètes par an en moyenne. Dans ces conditions, nous ne percevons pas en quoi ce plan d’action apportera de réels changements… Enfin, nous attendons de savoir quel rôle le Pôle emploi va jouer dans ce plan de formation.
  • L'élaboration en janvier 2012 d’un schéma pluri annuel des formations.
L’AFILS est satisfaite qu’un schéma pluri annuel des formations se mette en place début 2012 mais deux conditions sont indispensables pour la réussite de cette mesure. La première est un nombre d’interprètes aguerris suffisant à même d’enseigner aux étudiants leurs savoirs dans un cadre universitaire et que ces formateurs interprètes aient un lieu de discussion afin de mettre en cohérence le plus possible les différentes formations d’interprètes. La seconde est qu’il y ait suffisamment de candidats ayant le niveau pour entrer en formation. Une prise en charge en amont de cours de LSF jusqu’en licence apparaît donc essentielle.
  • La prise en charge par l’Etat des frais d’interprète pour l’examen permis de conduire (code et conduite).

L’AFILS est ravie de cette mesure qui permettra une équité de traitement entre les personnes sourdes et entendantes. Cette mesure reste toutefois imprécise quant aux modalités et à la tarification qui seront appliquées.

icon AFILS Communiqué plan 2010-2012.

TL7 - journal du 26.01.2010

Lisez la retranscription de cet extrait vidéo.

France 3 Saint-Etienne - 19|20 du 26.01.2010

Reportage France 3 - 2007

Infos

Vous faites office d'interprète depuis plusieurs années et souhaitez valider les acquis de votre expérience. Il est possible, dans certains cas, d'obtenir un master d'interprétation français - LSF par VAE (Validation des Acquis de l'Expérience). Pour connaître les modalités d'obtention, rapprochez-vous des universités délivrant ce diplôme.